Accueil > Séjour > Promenades > Hammam Meskhoutine

15. Hammam Meskhoutine

C’est la station thermale devenue chef-lieu de commune, la localité ayant pour désignation Hammam Débagh. Celle-ci est également le siège de la daïra qui groupe les 3 communes ( H. Débagh, Bouhamdane et Roknia).

Plan: Hammam Meskhoutine

Nous en parlons ici comme lieu de promenade, l’aspect des bains et des soins ayant une rubrique propre intitulée « thermalisme ».

La RN 20 nous en rapproche. Au carrefour se trouvant au-dessus de Medjez Amar, prendre la direction signalée par les plaques.

Les cars partent de la principale gare routière ( du nord ) et les taxis de bâb Skikda, sur le côté du bvd Salem Med .


15.1. La magnifique cascade

Présent exceptionnel de la Providence, elle figure sur le billet de banque de 500.00 DA. C’est une image majestueuse d’une cataracte pétrifiée. Elle éclipse les autres formations de même nature dont celle créée fortuitement dans la tranchée creusée, au 19e siècle, pour la construction du chemin de fer. La grande cascade est due aux griffons dont elle reçoit les eaux thermales. Elle constitue une merveille et occupe une surface presque verticale de trente mètres de hauteur au-dessus d’un tronçon de l’oued Chédakha, à son passage au bas du théâtre de plein air, longeant l’aire aménagée en promenade. La surface tombante est coupée en différents points comme par des étages de vasques élégantes qui amortissent la chute de l’eau. Si elle est d’une blancheur éclatante, là où l’eau coule en abondance, affectant les couleurs les plus variées, aux endroits secs ou à courant peu considérable, ses incrustations calcaires sont colorées en teintes diverses dont les jaunes rougeâtres provenant de la présence de champignons microscopiques.

La magnifique cascade

15.2. Les cônes stalagmiformes

Qualifiés également de cratériformes, ils se sont constitués à l’époque où l’eau jaillissait en gerbes au-dessus du sol, il y a de longs siècles. Quelques uns ont quatre ou cinq mètres de haut et sont assez réguliers. Peu disséminés, ils sont nombreux. Une centaine environ occupent le petit plateau bordant le C.W. 122, du côté nord ( où se trouve l’établissement thermal Ben Nadji ) quand il traverse l’agglomération de H. Meskhoutine et qu’il en devient la rue Benyahia Salah ( qui est la première artère principale ).

Cônes stalagmiformes

15.3. Les formations linéaires

Ce sont des ondulations à l’emplacement où l’eau sortait par une fissure et laissait des dépôts de chaque côté. Accumulés, ces derniers ont formé de véritables remparts qui, grandissant sans cesse, ont rétréci la fente médiane. Ce sillon profond ne manque jamais dans les espèces de dos d’âne, les partageant dans toute leur longueur en deux immenses valves. Il représente l’ancien griffon de ces gigantesques sources aujourd’hui taries. Les murailles sont d’une grande épaisseur, 5 à 6 mètres à la base. Elles mesurent 8 à 15 m de hauteur. Le tronçon le plus long mesure 500 m. Il y a trois murailles. L’ une d’elles est divisée en deux parties dont l’une est coupée par l’artère sus-indiquée dans le virage de l’établissement thermal ( reconstruit à l’emplacement de l’ancien hôpital militaire ). Le tronçon ainsi isolé se trouve en bordure du petit parking, approximativement. C’est un bloc de rocher se terminant assez brusquement par de grosses stalactites qui lui confèrent vaguement l’aspect d’un énorme mastodonte pétrifié appelé ...éléphant !

La magnifique cascade

15.4. Les sources et les eaux

Quels sujets de fascination et d’émerveillement pour le visiteur !

Les sources sont éparpillées autour d’un axe de 5 à 6 km de longueur. Elles ont comme limite nettement marquée la rive droite du Chéddakha, petit ruisseau qu’elles alimentent, du reste.

La température des sources oscille entre 70 et 96°. Elles semblent être les plus chaudes du monde, exception faite d’un ou de deux cas.

L’eau sort en bouillonnant de petites cavités, creuse des canalicules et abandonne des incrustations très abondantes.

Les sources donnent des eaux hyper thermales, à faible minéralisation, chlorurées sodiques et carbonatées calciques. Certaines eaux sont ferrugineuses ; d’autres contiennent un peu d’hydrogène sulfuré, par réduction des sulfates au contact des terrains superficiels. Toutes contiennent de l’arsenic. Elles sont d’une limpidité parfaite. Débitant une quantité considérable d’eau ( 48.000 m3 par jour environ ), elles se divisent en neuf groupes :

  • 1- Aïn Skhouna.
  • 2- Sources du ruisseau.
  • 3- Celles de la grande cascade.
  • 4- Celles dites des bains.
  • 5- Aïn ech-Chfaa.
  • 6- Sources du plateau des cônes.
  • 7- Celles de l’ancien chemin de fer.
  • 8- Celles de Bouhamdane.
  • 9-Quatre autres affleurements.

15.5. Les griffons et les canalicules

Ici, la visite est réglementée et le spectacle, indubitablement, des plus spectaculaires !

Griffons et canalicules se trouvent sur le plateau qui constitue le dessus de la grande cascade. Dans les griffons émergent les eaux thermales, en pleine ébullition, avec dégagement de vapeurs qui enveloppent tout de nuages épais, par temps frais, et font apparaître les promeneurs sous forme de simples silhouettes se livrant à la distraction de faire bouillir les œufs dans leur coque en guise d’expériences... Les canalicules tapissent le sol du réseau de leur ramifications se dirigeant vers la paroi rocheuse pour alimenter la formation des stalactites et stalagmites se poursuivant à ciel ouvert depuis des temps géologiques.

Attirons l'attention pour finir sur l'utilisation correcte des différents noms que connait cet endroit

Hammam Meskhoutine est le nom du lieu. C'est donc à la fois le nom du lieu de la légende, du lieu historique, géographique, topographique et géologique.
Hammam Dbegh est le nom actuel de la commune (relativement au nom de la montagne avoisinante Dbegh)
Hammam Chellala est le nom du complexe thermal (relativement à la cascade, Chellala voulant dire Cascade en arabe)

Il convient donc de dire, à titre d'exemple : La cascade de Hammam Meskhoutine.

M.-L. GASMI